Haori, kimono, yukata : quelles différences ?
Maxence Long
Les trois mots circulent souvent comme s'ils désignaient la même chose. Ils recouvrent en réalité trois vêtements qui n'ont ni la même construction, ni la même matière, ni le même usage.
Comprendre ce qui les distingue prend cinq minutes et évite de se tromper d'achat.
Le kimono : le vêtement complet
C'est le point de départ de tout le reste. Le kimono est un vêtement long, qui se croise sur le devant et se maintient avec une ceinture. Il descend jusqu'aux chevilles dans sa forme traditionnelle.
Sa particularité tient à sa construction : des panneaux de tissu droits, cousus bord à bord, sans une seule pince ni découpe cintrée. Le vêtement ne cherche pas à épouser le corps, il l'enveloppe. C'est ce qui explique qu'un même kimono puisse habiller des morphologies très différentes.
Le kimono traditionnel est doublé et se porte sur un sous-vêtement appelé nagajuban. Il demande une certaine méthode pour être enfilé correctement, et la ceinture — l'obi — se noue selon des techniques précises.
Dans un usage occidental, le kimono se porte souvent ouvert, comme une robe longue ou un manteau léger. C'est un détournement, mais il fonctionne très bien.
Le haori : la veste qu'on met par-dessus
Le haori n'est pas un vêtement complet. C'est une veste courte, conçue pour être portée par-dessus un kimono, et qui reste ouverte.
Il apparaît bien après le kimono, sous l'ère Edo. Sa longueur s'arrête à la hanche ou à mi-cuisse. Ses manches sont larges, son col retombe le long du devant, et il n'a aucune fermeture — tout au plus un cordon décoratif appelé haori-himo.
C'est de loin le plus facile des trois à intégrer à une garde-robe européenne, parce qu'il occupe exactement la place d'un cardigan ou d'une surchemise. On l'enfile sur un t-shirt et un jean, sans rien changer d'autre.
Le haori a aussi une particularité qui explique pourquoi on s'y attache : sa doublure. Sous l'ère Edo, des lois somptuaires interdisaient l'ostentation dans l'habillement. Les motifs sont donc passés à l'intérieur du vêtement, invisibles de l'extérieur, révélés seulement au mouvement. Beaucoup de haori anciens sont noirs à l'extérieur et richement imprimés à l'intérieur.
Le yukata : la version été
Le yukata a la même forme que le kimono — long, croisé, ceinturé — mais tout est simplifié.
Une seule couche de coton, aucune doublure, aucun sous-vêtement à superposer. Il vient du bain : on le portait en sortant de l'eau chaude, ce que son nom indique littéralement. Il est ensuite devenu la tenue des festivals d'été.
C'est le plus léger et le plus simple des trois. Il se lave en machine sans précaution particulière et s'assouplit à chaque passage.
Le tableau récapitulatif
| Kimono | Haori | Yukata | |
|---|---|---|---|
| Longueur | Chevilles | Hanche à mi-cuisse | Chevilles |
| Se ferme | Oui, ceinturé | Non, porté ouvert | Oui, ceinturé |
| Doublure | Oui | Souvent, imprimée | Non |
| Matière | Soie, coton, satin | Coton, soie | Coton uniquement |
| Saison | Toute l'année | Trois saisons | Été |
| Se porte sur un jean | Difficilement | Oui | Non |
Et le noragi ?
C'est un quatrième terme qu'on croise souvent, et qui appartient à une autre famille : celle du vêtement de travail.
Le noragi était porté par les paysans et les artisans japonais. Col croisé, coton épais, coupe large pour bouger, poches profondes. Il ressemble à un haori dans sa silhouette, mais il est plus robuste et plus fonctionnel.
C'est par le workwear qu'il est arrivé dans le vestiaire occidental. Il se porte exactement comme une veste en jean ou une surchemise.
Lequel choisir
Vous voulez une pièce à porter au quotidien, sur ce que vous avez déjà — prenez un haori. C'est le seul des quatre qui s'intègre sans rien changer au reste.
Vous cherchez quelque chose de plus enveloppant, pour la maison ou à porter ouvert comme un manteau léger — un kimono long fera l'affaire.
Vous voulez une tenue d'été, légère, pour l'intérieur ou les vacances — le yukata.
Vous aimez le workwear et cherchez une veste solide — le noragi.
Voir les haori et vestes ou les kimonos.